Eva Darlan le blog

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Un espace pour suivre la carrière d'Eva Darlan, retrouver sa filmographie, ses participations au théâtre, à la TV, au cinéma, ses livres... (ps : la créatrice du blog n'est pas Eva Darlan... Un blog conçu par une "fan" ... pour les fans! Si vous souhaitez contacter directement Eva Darlan, elle est présente sur facebook. )


l'Avare, théâtre, Eva Darlan, Dupuis, Benoin

Publié par evadarlanblog sur 24 Janvier 2008, 18:26pm

Catégories : #Eva Darlan au théâtre: zoom sur qqs pièces

L'avare, Molière
mise en scène Daniel Benoin
avec JM Dupuis, M. Baxter-Jones
rôle de Frosine

janvier-mars 2002
à la comédie de Saint-Etienne puis au théâtre Silvia Montfort

L'hiver, le froid, la neige, le mensonge...., une cheminée, un décor ingénieux, des costumes d'époque

Critique du Journal du théâtre "Eva Darlan en Frosine est hilarante"..

"Eva Darlan, métier et finesse, est une excellente Frosine".

Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 286 du 20 février 2003 - p. 22

Théâtre
Un généreux "Avare"

On en a tellement vu des Avare en cadre sup’, en motard, à poil, à plume, à voile et à vapeur, on en a tellement soupé des relectures de Molière, on en a tellement assez des décors de boite de nuit, de salle d’opération, de jeux de cube, de piscines, pour renouveler les grands classiques que l’on y allait à reculons au Théâtre Silvia Montfort.

Et puis, magnifique surprise, on découvre, dans une mise en scène d’aujourd’hui, un Molière servi avec intelligence et humilité, sans l’ombre d’une trahison et l’on comprend que Daniel Benoin s’est fait plaisir autant qu’il nous fait plaisir avec cet avare somptuaire.

L’histoire est connue et pourtant, on retrouve avec délectation, derrière le comique des situations, la grandeur tragique de cette passion effrénée qui conduit à la folie d’un homme et bientôt à une véritable remise en cause d’un ordre social.

Pour cette démonstration, Benoin n’a pas eu besoin de faire installer sur la scène une chaîne de montage ou les coursives d’une maison d’arrêt ou gesticulent des comédiens en bleu de chauffe.

Il a tout simplement fait bâtir d’une manière joliment ingénieuse le décor d’une austère maison bourgeoise, il a revêtu les comédiens de costumes d’époque, il les a coiffés de perruques et il a éclairé le tout avec intelligence et bon goût car cet homme orchestre a tout conçu, tout réglé, de la mise en scène aux lumières en passant par les costumes et les maquillages.

Jean Michel Dupuis est un Avare de grande cuvée attendrissant, odieux, redoutable, humain, diabolique et toujours authentique. La vérité sort Dupuis, en somme.

Eva Darlan est piquante et craquante en Frosine et tous les comédiens sont à la hauteur de ces maîtres.

C’est une réussite parfaite que, d’ailleurs, une salle fort jeune acclame debout après avoir suivi les deux heures quarante de spectacle dans un silence religieux.

Régis Santon qui crèche ici a décidément le génie de la programmation.

N’attendez pas la cassette (vidéo) du spectacle : courez au théâtre.

Jérôme Brigadier



L'E-Novateur  

Comment surprendre le public avec une des pièces les plus classiques du répertoire ? Daniel Benoin y parvient avec L'Avare au Théâtre Sylvia Monfort. Plus que çà : en dépoussiérant Molière, il nous offre un moment inoubliable de théâtre.

La trame de l'histoire, on la connaît tous plus ou moins : Harpagon est obsédé par son argent et soupçonne chaque membre de son entourage de vouloir s'en saisir. Pour augmenter son pactole, il décide de marier, contre leur volonté, sa fille Elise et son fils Cléante à de "vieilles peaux" fortunées. Plus surprenant, le richissime vieillard veut lui-même la main de la jeune Marianne dont Cléante est également amoureux. Ainsi, Harpagon s'attire les foudres de son entourage...

Alors que le théâtre classique peut rebuter quelques uns d'entre nous, il est bon d'analyser pourquoi les pièces d'autrefois nous font souvent redouter un moment mortellement ennuyeux à passer. Première pièce à conviction : le texte. Les écrits d'autrefois comme les tournures de phrases, les vers, les alexandrins (comme chez Racine), demandent, il est vrai un effort supplémentaire de compréhension par le public. Alors que certaines phrases peuvent signifier quelque chose de simple, leur mise en forme, souvent, ne l'est pas. Voilà pourquoi les acteurs représentent un élément essentiel à la réussite d'un classique, plus encore que pour une pièce contemporaine. Comment faire partager au public une histoire dont la langage des héros lui semble dépassé ? Là, est le dilemme puisque les auteurs d'autrefois utilisaient beaucoup de métaphores incompréhensibles aujourd'hui. Résultat : dans bien des cas, une fois le spectacle fini, les spectateurs se racontent entre eux comme ils ont pu s'ennuyer. Et on les comprend ! Que de souffrances pendant une heure trente, parfois même trois heures de spectacle. Rendez-vous compte...

Alors pourquoi parler ici de l'Avare ? Qu'est-ce qui fait que cette énième mise en scène est une réussite ? Simplement parce qu'elle échappe à tous ces pièges et que le résultat est un pur bonheur. Oui, affirmons le haut et fort : un classique peut être agréable à regarder. Tout dépend de sa mise en scène et des comédiens. De ce côté là, Daniel Benoin fait fort, en partie grâce à son comédien principal Jean-Michel Dupuis. Le metteur en scène lui-même y est tout de même pour beaucoup. Son imagination apporte un "plus" à la base de l'histoire. Il opte pour un contexte et une ambiance assez particuliers. Imaginez : le rideau s'ouvre. Dehors, il fait un froid glacial. A chaque ouverture d'une immense porte d'entrée, les gros flocons de neige de l'hiver sont visibles par les spectateurs. Pour Harpagon, peu importe, il possède sa propre cabane avec cheminée et n'y accepte pas même son entourage, preuve de son égotisme inconsidéré. La musique complète cette atmosphère étrange. Elle ressemble à celle d'une foire ou même d'un cirque. D'ailleurs, l'Avare se déroule à l'époque de la foire Saint-Germain. Dans cette triste fête, Harpagon incarne le clown blanc. Sous ses traits, Jean-Michel Dupuis lui donne une épaisseur incroyable. Il incarne un vieillard cruel bien sûr, mais surtout attendrissant. C'est d'ailleurs parce qu'il est tellement odieux qu'il en devient pathétique, puis comique. Il insuffle une énergie immense au personnage, car si Harpagon est vieux, il n'en est pas moins un homme très dynamique par la gestuelle. Jean-Michel Dupuis met en relief chacune des phrases du personnage pour donner un rythme permanent aux vers de Molière. Le comédien comprend son texte et surtout, le fait partager au public. C'est là tout son talent. Jamais il ne s'installe en se contentant de clamer le texte par exemple. Il vit le personnage, tout simplement. Il nous livre ainsi une véritable performance d'acteur. A lui seul, il permet au spectateur de ne pas s'ennuyer un seul instant, du moins à chaque moment où il est présent sur scène (vu qu'il y est tout le temps...). Lors de sa prestation, il est accompagné par une pléiade de bons comédiens dont Eva Darlan en Frosine. Beau, intemporel et inoubliable... Une réussite absolue.

L'avare - Mise en scène de Daniel Benoin - Avec Jean-Michel Dupuis, Eva Darlan - Théâtre Sylvia Monfort, 106 rue Brancion

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